Le cinéma ça se ressent, ça n'inclut pas seulement les films "Télérama approuve" ça n'est pas qu'une question de fric, de stars et de baratin, c'est quelque chose de physique et de viscéral.
Dans la lignée des dystopies à la 1984, Richard Fleischer nous présente à travers l'enquête menée par Charlton Heston sur le meurtre d'un industriel une société future en proie au chaos. Le film nous montre donc une société où la surpopulation asphixie la terre, où les dirigeants en sont réduits à généraliser l'euthanasie et à fabriquer la nourriture par des moyens... radicaux.
D'abord un mot du générique: il est superbe. Un montage au rythme crescendo de photos du XXème pour illustrer en quelques minutes la déchéance de l'humanité. Glaçant.
Il plane sur tout le film une ambiance dépressive qui sert bien le propos, contrebalancée hélas par un montage plan-plan, un rythme assez languissant, par des scènes un peu inutiles (toute la romance de Heston avec une des "filles-mobiliers" a une utilité des plus limités). Cependant la mise en scène est relativement efficace, surtout à partir de la dernière demi-heure.
Si quelques-unes des trouvailles scénaristiques sont réalisées de manière convaincante (notamment l'euthanasie, très jolie séquence même si le découpage m'a paru un peu bizarre, ou la séquence du "vrai" repas), beaucoup tombent un peu à plat (la séquence des pelleteuses qui illustre l'affiche du film, le "mobilier humain" qui est une idée géniale mais qui n'est finalement illustrée que superficiellement, la découverte de la vérité dans l'usine qui fait quand même un peu penser à L'aile ou la cuisse).
Un peu dommage en fait que l'enquête phagocyte le métrage au lieu d'être soumise à l'univers où elle se déroule. La révélation finale fait tout de même son petit effet, et les thèmes traités trouvent encore un écho 25ans après!
Dommage qu'il manque un tantinet de nerf à ce film, et surtout d'un véritable point de vue dans la mise en scène, car il faut bien avouer que le film est réalisé assez platement. Mais le scénario est suffisamment bon pour qu'on s'y laisse entraîner malgré tout...
PS: Les séquences dans l'église m'ont énormément fait penser à celles d'un vrai chef d'oeuvre de la science fiction, le totalement sublime La mort en direct, de Bertrand Tavernier, avec Harvey Keitel. Je pense que si ce dernier a mieux tenu la distance que Soleil vert, c'est à cause de la profonde poésie qui s'en dégage, tant à travers la mise en scène que du scénario, quand Soleil vert reste de la consommation courante à ces deux niveaux.
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