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Samedi 19 mai 2007
Une production Hammer Films sans Peter Cushing, sans Christopher Lee, sans Terence Fisher à la réalisation. Comme quoi la qualité des films de la compagnie n'est pas seulement due à ces trois "stars"!

La Hammer, c'est l'épouvante gothique à l'anglais, c'est la réactualisation des mythes  de Frankenstein, de Dracula et de biens d'autres. Ici il s'agit d'une variation autour du mythe du mort vivant au sein des sectes vaudous, soit un cadavre manipulé par un sorcier.
Une relecture à la fois respectueuse des codes et qui transpose la malédiction vaudou dans le cadre de la plupart des films de la Hammer, un XIXème siècle scientifique peu crédule à l'égard de la sorcellerie. Point de vengeance d'outre-tombe ici, les zombies sont utilisés dans un but bien plus prosaïque...

A la caméra on retrouve John Gilling, un nom qui fait plaisir à voir puisqu'on lui doit le scénario du premier film de la Hammer que j'ai vu, une Gorgone dont je garde un excellent souvenir. La réalisation est assez classique, le cadre et la photographie souvent très beaux, et il se permet en plus des séquences caméra à l'épaule joliment vues (comme la scène où l'héroïne est attaquée par les sbires du châtelain, ou la séquence du cauchemar) et quelques cadrages originaux (comme un plan superbe en plongée lorsque le professeur tente d'éteindre l'incendie). On peut en outre apprécier une décapitation des plus réussies! Seul reproche à ce niveau, des scènes de nocturnes aux raccords parfois hasardeux jour/nuit, le ciel faisant l'aller-retour en quelques plans.

L'interprétation est de bonne qualité, on apprécie particulièrement le jeu d'André Morell (dans un rôle à la Van Helsing du Cauchemar de Dracula) qui manie avec subtilité l'ironie et l'érudition comme l'action. Quand aux zombies eux-même, leur look est réussi, très soigné, et n'a rien à envier à leur descendance "romérienne" ou italienne; leur peau particulièrement donne l'impression de papier vieilli et pourrissant. Et la première apparition de l'un d'eux est visuellement des plus impressionante!
Le film accumule en plus les bonne idées, comme de confronter les médecins désireux de pratiquer une autopsie à l'incompréhension rustre des villageois, ou le costume du grand méchant qui rappelle ceux des templiers, et surtout le décor de la mine... ainsi que ce qui s'y passe! Le seul reproche que l'on pourrait faire au scénario, c'est la relative lenteur de l'enquête, d'autant plus que le spectateur lambda devine assez vite une grande partie de l'intrigue, mais finalement le spectacle n'en pâtit pas vraiment.

Un excellent film, dans la tradition gothique de la Hammer tout en
  y ajoutant un petit côté moderne dans l'utilisation mercantile du vaudou. A noter que c'est le seul film de la compagnie qui met en scène des morts-vivants et qu'il est antérieur au premier film de Romero!


PS: le titre original est Plague of the zombies, qui est bien plus en accord avec le sujet (des médecins enquêtant sur une "maladie) que le titre français racoleur, puisqu'il n'est pas vraiment question d'invasion.
Par D. R. Frag - Publié dans : Chroniques
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